Startup, pourquoi recruter un profil en Growth Hacking ? – Interview Sébastien Deschaux, Dynergie

Chloé Saby

Interview stage Dynergie – Sébastien Deschaux : expert Dynergie Directeur de projet d’innovation


Chloé : Bonjour Sébastien Deschaux

Sébastien Deschaux : Bonjour Chloé

Chloé : Tu es donc directeur de projet d’innovation au sein de la cellule innovation de Dynergie et tu es également mon tuteur de stage. Peux-tu nous présenter brièvement ton parcours professionnel avant Dynergie ?

Sébastien : Avec plaisir, à la base je suis un ingénieur en informatique de l’INSA de Lyon, et en sortant de l’école, j’ai créé ma première startup qui était un comparateur de prix, qui avait la particularité de comparer aussi les prix des magasins réels et pas seulement le prix des magasins en ligne. On va dire que c’était une plutôt belle aventure, en 18 mois on a levé 2 millions, puis 8 millions on c’est retrouvé à une quarantaine de personnes et en faite à 24 ans j’avais fait un tour complet de création d’entreprise, développement et intégration dans le groupe INGENICO qui était le leader mondiale des appareils de cartes bleus pour les commerçants.

À partir de là, j’ai travaillé pendant quelques années pour le groupe à développer des nouveaux produits numériques, j’ai créé une 2eme stratup dans le marketing digitale pour les points de ventes qui a aussi pas mal grandit de nouveau avec des levées de fonds, du développement et ainsi de suite.

Une dizaine d’année plus tard, je me suis rendu compte que j’étais devenu un expert en développement d’innovation et j’avais laissé ma 2ème entreprise à mes associés. Alors j’ai cherché un cabinet qui finançait l’innovation, un concurrent à vrai dire de Dynergie à l’époque. Mais en leur proposant un deal très simple, qui était : « Moi je sais développer de l’innovation, vous financez l’innovation, travaillons ensemble on fera plus d’innovation plus simplement.

Je suis resté chez eux pendant quelques années et suite au départ d’un des associés en faite j’ai rejoins Dynergie ou j’ai trouvé une entreprise qui a une agilité absolument exceptionnelle et c’est ce que je trouve le plus important parce que je pense que c’est ce qui permet le mieux de s’adapter en permanence à la réalité du marché.

Chloé : Quelle est l’origine de cette passion pour l’innovation ?

Sebastien : Alors ça c’est une très bonne question, je pense que je suis un incorrigible illusionné qui est persuadé que si tout le monde fait ce qu’il peut faire pour rendre le monde meilleur, tout ira mieux.

C’est le fondement même de l’innovation, repérer un point qui est améliorable, souvent le mot technique c’est un point de douleur un « pain points ». Ce dire qu’en faite c’est pas un état figé des choses, c’est quelques choses qu’on peut changer, qu’on peut améliorer on peut le corriger, technologiquement organisationnellement. Il y a mille et une façon de corriger un point de douleur mais fondamentalement, oui on peut améliorer le monde. Chacun son échelle, parfois on bouleverse tout de temps en temps c’est rare, généralement c’est des petits progrès sur des petites choses mais qui mis bout à bout font que on est beaucoup plus confortable au début du 21ème siècle que ce qu’on était au début du 20ème.

Chloé : Alors qu’elle est ta vision de l’innovation ?

Sebastien : Rendre le monde meilleur, définitivement rendre le monde meilleur faire en sorte que tout ce qu’on fait dans notre vie soit plus simple, moins fatiguant. En faite je vais être honnête mais fondamentalement, je suis un flemmard, j’ai toujours été un flemmard et je pense que la flemme est le plus grand driver de l’innovation qui soit.

Si on remonte un petit peu, à l’époque où les humains vivaient de la chasse. Il y a quelqu’un qui a dit que ça le fatiguait trop de courir après les antilopes. Il s’est assit dans son champs il a planté une graine et il a attendu que ça pousse. Ce jour là, il a créé la plus grande innovation de tous les temps, il a inventé l’agriculture, et… c’était par flemme.

Chloé : Donc vive la flemme ?

Sebastien : Vive la flemme, tout à fait soyez économe avec votre argent, économe avec vos efforts, économe avec tout parce que c’est de ce besoin de faire plus efficacement que naît la bonne innovation.

Chloé : Pourquoi avoir choisi de recruter un profil de Gowth Hackeur pour accompagner cette vision de l’innovation ?

Sebastien : En faite un de mes principes fondamentaux c’est qu’il n’y a pas de pire crime que de faire quelques chose de géniale et de le laisser dans un placard où il apporte de la valeur à personne.

Je sais pas moi, vous créé un téléporteur et parce que ça vous fatigue de le commercialiser bah vous le laissé pas profiter au monde. C’est un crime, ça devrait être un crime !

Donc en faite réussir l’innovation, c’est oui trouver une solution mais intra segment, l’apporter au marché, l’apporter aux gens qui vont s’en servir. Si vous ne faites pas cette deuxième étape vous avez ratez, même si vous avez fait tout le reste. Donc le Growth Hackeur c’est cette deuxième étape,  c’est faire en sorte que quand on a trouvé une solution plus intelligente, plus rapide, moins cher, plus pratique. on arrive à l’apporter aux gens à qui elle va bénéficier.

Ça on peut le faire soit d’une méthode traditionnelle ou on dépensait des fortunes pour faire du marketing, des pubs télés et ainsi de suite. Ou, on peut le faire de manière beaucoup plus intelligente, en Growth Hacking en focalisant ses efforts pour que ce qu’on appelle le coût d’acquisition client, le besoin d’investissement humain et financier pour acquérir un nouveau client soit le plus bas possible. Peut-être qu’on trouvera mieux un jour, mais pour le moment c’est ce qui ce fait de mieux.

Chloé : Moi ça me va très bien, au moins j’ai pu rejoindre Dynergie.

Sebastien : Oui je pense que pour quelques années c’est un métier d’avenir encore.

Chloé : Lors de mon entretien, tu m’as parlé du livre Lean Startup, d’Éric Ries, pourquoi ce livre ?

Sebastien : Lean Startup par Éric Ries… De temps en temps, il y a des analyses théoriques qui changent le monde, ça arrive pas souvent mais c’est Copernic qui se rend compte que c’est pas le soleil qui tourne autour de la terre mais c’est l’inverse. Un peu plus tard on se rend compte en faite que le Taylorisme pour la première fois en 1907 on se dit, mais en faite dans une entreprise en faite si on spécialisait les métiers au lieu de tout laisser tout faire à tout le monde bah ça marcherait beaucoup mieux. Il y en a qui vont s’occuper de la communication, d’autres de la production d’autres de la gestion.

En 2011 Eric Ries a fait à peu près le même type de révolution mais pour l’innovation. En faite la loi fondamentale du Lean Startup c’est qu’avant de commencer à le fabriquer et ensuite voir si ça se vend on commence par vendre comme si c’était déjà finit, et si les gens en veulent on leur dit : « Attendez un instant, merci pour votre intérêt maintenant qu’on sait que ça vous intéresse on va le faire ». Ça permet d’augmenter l’efficacité à l’euro d’un facteur de 10, 100 peut-être parfois 1000 c’est la base fondamentale de la nouvelle innovation. D’abord on a l’idée, on repère le problème, on le vend comme si c’était terminé et si les gens le veulent on le commercialise.

Honnêtement quelques références, c’est la culture fondamentale de toutes les entreprises d’Elon Musk, de Tesla à SpaceX en passant par toutes les autres qu’il a pu créé. C’est ce qui a fait le succès de Google, c’est partiellement même si c’est un peu moins vrai le succès d’Apple. Mais, ce qu’on appelle les GAFA aujourd’hui sont entièrement construitent sur cette philosophie. D’abord on essaye de le vendre, si ça s’achète on le fait.

Chloé : Pour toi, comment peut-on définir un projet d’innovation pour une startup ?

Sebastien : Quelle est le problème ? Comment sera le monde quand vous aurez apporté votre solution ?

Chloé : Toutes les startup doivent faire ça si elle veulent réussir ?

Sebastien : Absolument toutes, en faite c’est simple mais c’est ce qu’on appelle l’Elevator Pitch. C’est 30 secondes que vous avez pour éventuellement convaincre un investisseur de mettre de l’argent dans votre entreprise. Vous décrivez une réalité, c’est compliqué de trouver un moment pour interviewer son maître de stage. Vous proposez une solution, je vais faire une interview à distance et lui souffler les questions dans une oreillette. Dans le futur, plus jamais un maître de stage fera attendre sa stagiaire pour lui trouver une réponse 3 jours avant la fin de son stage. Problème, solution, vision, ça vous donne un Elevator Pitch.

Chloé : Quelle est la chose la plus importante et la plus difficile de ton point de vue pour la création d’une entreprise ?

Sebastien : L’humain, toujours, toujours, toujours l’humain. Vous pouvez être le meilleur au monde en technique, le meilleur gestionnaire au monde. Créer une entreprise c’est être capable de convaincre des futurs salariés, des futurs clients, des investisseurs, des partenaires. Toutes sortes de gens, que ça vaut la peine de travailler avec vous alors que vous n’avez encore rien d’autres qu’une vision qui n’existe pas. Donc tout reviens toujours à l’humain, votre capacité à fédérer une équipe, votre capacité à convaincre les investisseurs, votre capacité à convaincre les clients ; ça c’est que de l’humain, et quelque part de votre coté, que de la com.

Chloé : Que penses-tu des échecs productifs ?

Sebastien : Des échecs qui m’apprennent des choses ? Alors c’est un sujet qui est d’actualité, parce que quelque part c’est la base de l’intelligence artificielle. On peut pas apprendre sans échec si on ne sait pas qu’une solution ne marche pas on ne peut pas aller en chercher un autre et inversement si on trouve une solution qui marche on peut pas savoir quelque est meilleur que les autres sans avoir échouer sur les autres. Je pense que c’est absolument fondamentale, je pense qu’une grosse partie de ce que je peut apporter aujourd’hui à mes clients c’est parce que durant mes créations d’entreprises j’ai fait un nombres de boulettes totalement incalculables mais que j’ai pris la peine d’apprendre quand je les faisais et j’ai fait de mon mieux pour que les autres ne les refasse pas.

Si on pousse un tout petit peu le sujet sur l’intelligence artificielle, une machine est exacte, une machine ne se trombe pas, elle fait du binaire, des 0 , des 1 c’est juste ou c’est faux. Tout le mal qu’on se donne en intelligence artificielle c’est pour être capable de rendre une machine… humaine c’est à dire capable d’erreur, donc capable d’apprentissage. C’est quand même incroyable, on essaye de rendre les machines aussi mauvaises que nous parce que c’est la seule façon qu’elles ont pour espérer un jour nous dépasser.

Chloé : Ça peut même être effrayant.

Sebastien : Ça peut l’être oui, mais on peut essayer de leur donner un sens morale au passage, pour la peine moins balbutiant que le nôtre.

Chloé : Maintenant que mon stage se termine, qu’as-tu pensé de mon travail au sein de Dynergie ?

Sebastien : Bah premièrement j’espère que tu t’en es rendu compte mais je pense qu’il était essentiel parce que vu notre base d’approche, de philosophie de l’innovation,  c’est de vendre avant de faire. Il fallait quelqu’un pour être capable de communiquer de façon efficace, peu couteuse, très large et très itérative En faite que ce soit toi ou quelqu’un d’autre, c’est une phase qui est au fondement de toute l’innovation. Donc merci beaucoup de nous avoir rejoins, merci d’être venu, merci aussi d’avoir donné tes connaissances à toi au reste de l’équipe. Moi je suis très content de ce que tu as fait et j’espère sincèrement que tu as apprécié et que tu reviendras.

Il y a une chose que je crois que je t’avais dit pendant ton entretien d’embauche, c’est qu’on a un métier dans lequel on s’ennui jamais. on travaille beaucoup ça c’est vrai mais on s’ennui jamais. Jamais jamais, jamais, toutes les semaines un métier différent, toutes les semaines un univers différent…

Chloé : Merci Sébastien, pour tout ce stage et pour cette magnifique interview qui je pense pourra plaire à bon nombre de personnes.

Sebastien : Merci beaucoup avec plaisir !